|
|
|
La maladie cœliaque et ses complications |
|
|
|
|
Certains patients atteints de maladie cœliaque développent une résistance à un régime sans gluten, et souffrent de symptômes persistants de malabsorption et d’atrophie villositaire. Cet état, défini sous le nom de sprue cœliaque réfractaire (SR), se scinde en deux entités selon que le phénotype des lymphocytes intraépithéliaux (LIE) est normal (SRI) ou anormal (SRII). En étudiant des malades appartenant à l’une ou l’autre de ces catégories, Georgia Malamut (unité Inserm 793, Paris) a montré que les patients présentant une SRII souffraient plus fréquemment de malnutrition, de jéjunite ulcéreuse et de gastrite lymphocytaire que ceux avec SRI (p < 0,05). Le phénotype anormal des LIE et un âge élevé des malades au moment du diagnostic sont des facteurs prédictifs de la survenue d’un lymphome. Les facteurs influençant défavorablement la survie sont un phénotype anormal des LIE (p <0,01), la clonalité (p = 0,01) et le développement d’un lymphome (p = 0,001). La survie à 5 ans est de 93 % pour la SRI, et de 44 % pour la SRII. La présentation et le pronostic de la SRII sont donc plus sévères que ceux de la SRI, avec un risque plus fréquent de lymphome de haut grade.
Malamut G, et al. Gastroenterology 2009, 136 : 81-90
|
|
Un des mécanismes de la maladie cœliaque identifié |
|
|
|
La maladie cœliaque est une entéropathie inflammatoire due à une réponse immunitaire contre des peptides dérivés du gluten, les gliadines. Une étude dirigée par Martine Heyman (unité Inserm 793, Paris) avait précédemment montré, chez des patients, l’existence d’un transport intestinal anormal de peptides non digérés, de la lumière intestinale vers l’épithélium intestinal. En collaboration avec l’équipe de Renato Monteiro (unité Inserm 699, Paris), les chercheurs révèlent que ce transport semble dû non pas à une altération de l’intégrité des jonctions serrées intercellulaires, mais à une transcytose de complexes immuns IgA/gliadine présents dans la lumière intestinale. Ce transport s’effectue via CD71, un récepteur de la transferrine mais aussi des IgA, anormalement exprimé sur la face apicale des cellules épithéliales intestinales. Cette subversion du rôle des IgA secrétoires, qui passent d’un rôle protecteur à un rôle pathogénique, peut être réversée lorsque des biopsies duodénales de patients sont traitées par des récepteurs solubles de la transferrine. À terme, ces résultats pourraient déboucher sur une nouvelle thérapeutique de la maladie cœliaque fondée sur le blocage de l’entrée, dans l’organisme, de peptides toxiques ou immunostimulants dérivés du gluten.
Matysiak-Budnik T, et al. J Exp Med 2008, 205 : 143-54 |
|
|
|
|
|
|