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Trajectoire : Marc Peschanski, un thérapeute expérimental PDF Imprimer Envoyer

Marc Peschanski est directeur scientifique de l'I-Stem (Institut des cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques, unité Inserm 861) à Evry. Dans ce centre de recherche, on explore le potentiel thérapeutique des cellules souches dans les maladies rares d'origine génétique. Récemment, l’équipe de Marc Peschanski a réussi à recréer l'ensemble d'un épiderme, la couche superficielle de la peau, à partir de cellules souches embryonnaires humaines. Marc Peschanski est également l’un des fondateurs du Réseau européen de neurotransplantation (NECTAR). Retour sur un brillant itinéraire.

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Une première dans le traitement de l’adrénoleucodystrophie PDF Imprimer Envoyer
L’adrénoleucodystrophie liée à l’X est une maladie démyélinisante cérébrale grave, causée par une déficience de production de la protéine ALD, codée par le gène ABCD1. La progression de la maladie peut être stoppée par une transplantation allogénique de cellules hématopoïétiques. Cependant, ce traitement est limité par le manque de donneurs compatibles et le risque de complications graves. Nathalie Cartier et Patrick Aubourg (unité Inserm 745, Université Paris-Descartes, département d’endocrinologie et neurologie pédiatrique, Hôpital Saint-Vincent-de-Paul, dirigé par Pierre Bougnères) ont mis au point un protocole fondé sur l’autogreffe, chez deux patients, de cellules de moelle osseuse traitées ex vivo par un vecteur lentiviral portant le gène ABCD1. Durant le suivi (24-30 mois), les chercheurs ont pu observer que 9 % à 14 % des granulocytes, monocytes et lymphocytes B et T exprimaient la protéine ALD. Dès 14 à 16 mois après la greffe, la démyélination cérébrale a commencé à s’arrêter, de façon comparable à ce qui peut être obtenu après allogreffe. Cette première concrétise les espoirs placés dans l’utilisation de vecteurs de thérapie génique dérivés du virus VIH (lentivirus) pour une application thérapeutique chez l’homme.

Cartier N, et al. Science 2009 ; 326 : 818-23
 
Prise de décision dans les cellules souches sanguines PDF Imprimer Envoyer
Les cellules souches du sang produisent tous les types de cellules sanguines. Alors que, jusqu’à maintenant, la communauté scientifique pensait que la production de cellules spécialisées à partir des cellules souches était aléatoire, une équipe dirigée par Michael Sieweke (CIML, Inserm/CNRS/Université de la Méditerranée, Marseille) a montré que les cellules souches elles-mêmes pouvaient déjà s’orienter clairement vers un destin particulier, en l’occurrence les cellules myéloïdes. Cette prise de décision résulte de l’action conjointe d’un facteur de transcription, MafB, et d’une cytokine, le M-CSF. Ce dernier peut directement envoyer une cellule souche sur le chemin myéloïde, à condition que la concentration intracellulaire en MafB soit réduite. Par bien des aspects, les cellules souches du sang ont ouvert le chemin des recherches sur les cellules souches, et sont les seules à être déjà utilisées régulièrement en clinique. Les concepts fondamentaux mis en évidence dans ces cellules pourraient aussi être utilisés pour étudier la prise de décision dans les cellules souches d'autres tissus comme le cerveau, le muscle ou l’intestin. Ces travaux pourraient également améliorer la compréhension des leucémies, dans lesquelles des cellules souches anormales restent « indécises » et échappent encore aux traitements actuels.

Sarrazin S, et al. Cell 2009 ; 138 : 300-13
 
 
Pourquoi l’inhalation de spores ne provoque pas de réaction immunitaire PDF Imprimer Envoyer
Chaque jour, nous respirons des milliers de minuscules spores (conidies) provenant de diverses espèces de champignons. Bien que ces spores contiennent de nombreux antigènes et allergènes, leur inhalation n’active pas les cellules immunitaires innées et ne provoque pas de réactions inflammatoires. Vishukumar Aimanianda (unité des Aspergillus de l'Institut Pasteur, dirigée par Jean-Paul Latgé) et Jagadeesh Bayry (unité Inserm 872, Centre de recherche des Cordeliers, Paris), en collaboration avec l’Université de Perugia (Italie) et le Leibniz-Institute for Natural Product Research and Infection Biology (Allemagne), viennent de démontrer que la reconnaissance immunitaire de ces spores est bloquée par la présence, à la surface des conidies, d’une couche hydrophobe constituée de protéines rodlet. Lorsque cette couche est enlevée, les spores ont la capacité d'activer le système immunitaire. Pour le pathogène, cette « inertie » immunologique conférée par les protéines rodlet pourrait lui permettre d’échapper aux défenses de l’hôte en attendant les conditions favorables à sa germination. D’un point de vue thérapeutique, la résistance des protéines rodlet à la dégradation pourrait être exploitée pour créer des nanoparticules contenant des molécules devant être libérées lentement ou à un endroit précis du corps, sans être reconnues par le système immunitaire.
Aimanianda V, et al. Nature 2009 ; 460 : 1117-21
 
Greffe de cellules souches hématopoïétiques pour le traitement du syndrome de Griscelli PDF Imprimer Envoyer
La maladie de Griscelli est une maladie héréditaire rare du système immunitaire, caractérisée par la survenue de manifestations immunopathologiques mettant en jeu le pronostic vital et associées à une forme d’albinisme. Cette pathologie est la conséquence d’une anomalie de l’exocytose des granules cytotoxiques par les lymphocytes tueurs. Une étude menée par Alain Fischer (unité Inserm 797, Hôpital Necker, Paris) vient de faire le point sur le traitement de cette maladie par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. Les résultats montrent que ce traitement a été efficace chez 7 des 10 patients étudiés, avec un recul atteignant 13 ans. Toutefois, l’atteinte neurologique conséquence de l’infiltration du système nerveux par les cellules du système immunitaire comporte un risque de séquelles malgré le succès de la greffe. Ces données incitent à proposer ce type traitement le plus précocement possible.

Schmid JP, et al. Blood 2009 ; 114  : 211-8

 
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