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Lymphocytopénie CD4 idiopathique : un sida sans rétrovirus PDF Imprimer Envoyer

 

Très longtemps considérée comme une sorte de sida sans rétrovirus, en raison de ses complications infectieuses opportunistes à prédominance de micro-organismes intracellulaires survenant à l’âge adulte, la lymphocytopénie CD4 idiopathique est une maladie somme toute fort différente. Alors qu’aucun agent pathogène n’est connu, une étude publiée sur le site de la revue Blood a permis de mettre en évidence un mécanisme physiopathologique commun  à l’ensemble des patients étudiés, ainsi que l’efficacité d’un traitement par l’interleukine 2.

 

Lymphocyte en mouvement. (Marcel Bessis©Inserm)

 

 

La lymphocytopénie CD4 idiopathique est une maladie immunologique rare. Elle se caractérise par une diminution importante des lymphocytes CD4 et par l’apparition de maladies opportunistes, telle la cryptococcose liée à une levure encapsulée. Alors que sa description et ses symptômes sont similaires à ceux du sida, on ne connaît aucun agent infectieux chez les patients atteints par cette maladie.

 

Des chercheurs et des cliniciens de l’Institut Pasteur, de l’AP-HP, de l’Inserm, du CNRS et de l’université Paris-Descartes, sous la coordination d’Olivier Lortholary -[unité de Mycologie moléculaire de l’Institut Pasteur--- Chef du service des Maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Necker]-, ont mis en évidence un mécanisme associé à l’immunodéficience des lymphocytes T, commun aux 6 cas qu’ils ont étudiés. C’est une première mondiale. En effet, des études réalisées à l’Institut Pasteur ont révélé chez ces 6 patients une anomalie d’expression membranaire d’un récepteur majeur du système immunitaire, appelé CXCR4 (co-récepteur d’entrée du VIH).  Ce trouble perturbe le fonctionnement des CD4 et favoriserait, selon les chercheurs, l’apparition d’infections opportunistes. « Ces résultats particulièrement intéressants ne concernent que la lymphocytopénie CD4 idiopathique, souligne Olivier Lortholary. Aucune extrapolation ne peut être faite sur la physiopathologie du sida. Ces deux maladies qui paraissent proches sur le plan du phénotype clinique apparaissent donc ici différentes sur un plan pathogénique. »


L’étude publiée sur le site de la revue Blood montre que l’exposition des cellules mononucléées à l’interleukine 2 restaure l’expression du récepteur CXCR4 à la surface de ces cellules et chez les mêmes malades après traitement par l’interleukine 2 et augmente le nombre des lymphocytes T CD4. « Des études thérapeutiques ont aussi été menées par d’autres chercheurs, avec cette cytokine recombinante, dans le sida, explique Olivier Lortholary. Toutefois les résultats n’étaient pas aussi probants. »

 

Olivier Frégaville-Arcas
(21/01/2010)

 


 

Pour en savoir plus

le communiqué de presse