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Le 17 décembre dernier a eu lieu au Collège de France la remise des Prix Inserm 2009, en présence de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports. Pour cette neuvième année consécutive, le Grand Prix Inserm 2009 est attribué à Yehezkel Ben-Ari, le Prix d’Honneur à Nicole Le Douarin et le Prix International à Nora D. Volkow.
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Les neurones à histamine et à orexines mis en cause dans les troubles du sommeil |
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Les troubles du sommeil (somnolence due à diverses causes, narcolepsie…) affectent 37 % de la population française. Pour améliorer leur prise en charge, il est nécessaire de parfaire notre compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’éveil. Par une approche de physiologie intégrée réalisée chez des souris invalidées, une équipe dirigée par Jian-Sheng Lin (unité Inserm 628, université Claude-Bernard, Lyon) vient de déterminer le rôle des neurones à histamine et à orexines dans l’éveil et dans la pathogenèse des troubles du sommeil. Situés côte-à-côte dans l’hypothalamus postérieur des mammifères, ces deux groupes de neurones contribuent au maintien de l’éveil par des mécanismes distincts, complémentaires et synergiques. Leur défaillance serait impliquée dans la narcolepsie, une maladie neurologique caractérisée par une somnolence excessive, une entrée directe en sommeil paradoxal à partir de l’éveil et une cataplexie (chute brutale du tonus musculaire pendant l’éveil). L’histamine jouerait un rôle important dans les aspects qualitatifs/cognitifs de l’éveil, dans l’activation de l’électroencéphalogramme cortical et dans le maintien d’une vigilance nécessaire à la réalisation de tâches comportementales ou cognitives. Son déficit serait responsable de la somnolence excessive, rencontrée dans la narcolepsie mais aussi dans d’autres troubles de l’éveil. En revanche, les orexines sont plus impliquées dans les aspects comportementaux de l’éveil, et contribuent à son maintien par une accentuation locomotrice. Un déficit en orexines serait la principale cause de l’accès direct en sommeil paradoxal et de la cataplexie, les deux syndromes caractéristiques de la narcolepsie.
Anaclet C, et al. J Neurosci 2009 ; 29 : 14423-38
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Stimulation cérébrale profonde et paralysie cérébrale avec dystonie-choréoathétose |
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La paralysie cérébrale avec dystonie-choréoathétose (D-PC), cause fréquente de handicap chez l’enfant, répond mal au traitement médical. La stimulation bilatérale du pallidum interne (GPi) est efficace dans la dystonie primaire, mais l’effet de cette chirurgie sur la D-PC, sous-groupe de dystonie secondaire, est peu connu. Une étude pilote, menée notamment par Marie Vidailhet (unité Inserm 975, Paris) et Pierre Pollak (unité Inserm 836, Grenoble), a été réalisée chez un petit nombre de patients n’ayant aucun déficit cognitif, peu de spasticité et peu ou pas d’anomalie à l’IRM. L’effet de 12 mois de stimulation du GPi a été évalué par l’échelle de Burke-Fahn-Marsden (BFM). La précision des cibles chirurgicales était déterminée indépendamment des résultats de stimulation. Le score BFM s’est trouvé amélioré de manière minime, mais significative. Le handicap, la douleur et la qualité de vie liée à la santé mentale ont été significativement améliorés. Il n’y avait pas de détérioration cognitive ou de l’humeur. Les effets secondaires, liés à la stimulation, étaient réversibles. La partie postéro-latéro-ventrale du GPi était la cible thérapeutique optimale. Peu d’amélioration était obtenue lorsque la stimulation diffusait aux structures adjacentes. Il s’agit de la première étude contrôlée sur l’effet de la stimulation du GPi dans une forme spécifique de D-PC, avec peu ou pas de troubles cognitifs, de spasticité ou d’anomalies IRM. Si le résultat moyen reste modeste, l’amélioration substantielle de certains patients suggère que cette technique pourrait devenir une option thérapeutique chez ces patients. La précision du repérage de la cible a son rôle crucial dans la qualité du résultat, même si d’autres facteurs, non encore déterminés, entrent en ligne de compte dans le pronostic thérapeutique. Vidailhet M, et al. Lancet Neurology 2009 ; 8 : 709-17 |
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Le calcul mental active des aires cérébrales impliquées dans le mouvement des yeux et l’attention spatiale |
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Des chercheurs de l’Inserm (unité 562, dirigée par Stanislas Dehaene, Saclay), du CEA, de l’Inria et de l’Université Paris-Sud viennent de faire un rapprochement inattendu entre la représentation cérébrale des nombres et celle de l’espace. Grâce à l’imagerie cérébrale par résonance magnétique à 3 Tesla du centre NeuroSpin, ils ont enregistré l’activité d’adultes volontaires effectuant soient des additions et des soustractions mentales, soit des mouvements des yeux vers la droite ou la gauche. Un algorithme informatique leur a permis de déterminer, essai par essai, si la personne avait orienté son regard vers la droite ou la gauche. Le même classificateur étendait ses performances au calcul mental : la distinction entre mouvements des yeux permettait de séparer les soustractions des additions, que ces opérations soient réalisées avec des ensembles concrets d’objets ou avec des chiffres arabes. Ainsi, au niveau neuronal, le calcul mental ressemble à un déplacement spatial. Ces résultats soulignent l’intrication du sens des nombres et de celui de l’espace, et sont compatibles avec l’hypothèse, développée par Stanislas Dehaene, que les apprentissages scolaires entraînent un recyclage neuronal de régions cérébrales héritées de notre évolution et dédiées à des fonctions proches. Knops A, et al. Science 2009, 324 : 1583-5
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